18.11.2008

SVE : Témoignage d'une ancienne volontaire

Laetitia, Corrèze (19) Volontaire en Autriche

 

autriche.gif· Comment as-tu pris connaissance de ce dispositif ?

 

En fait, cela faisait déjà longtemps que je voulais, non seulement voyager, mais surtout vivre des expériences à l’étranger. L’école dans laquelle j’ai débuté mes études supérieures est très ouverte sur l’international : échanges type Erasmus, mais aussi stages, et projets de coopération internationale divers. C’est donc plus précisément à cette époque (2002-2003) que j’ai commencé à m’informer sur les possibilités de « partir ». Je pense que j’avais alors déjà entendu parler du SVE. Puis je me suis réorientée, et je suis revenue en Limousin. La réforme LMD n’était pas encore trop amorcée, nous n’avions aucun stage dans notre cursus,… bref, là, on ne nous a pas parlé de programmes d’échanges. Donc, même si l’envie était encore présente, j’ai un peu ‘mis mon mouchoir dessus’, logique française contraignant, pour « finir mon DEUG avant de partir ». Pour une fois, je me suis bien organisée, et je suis allée glaner des informations dès janvier 2005 : centre d’information étudiant (je ne connais pas le nom, c’est un peu en arrière de l’hôtel de ville et de la médiathèque de Limoges, de mémoire), et au CRIJ. A ce moment-là, j’avais depuis longtemps oublié le fameux « SVE »… J’ai commencé par orienter mes recherches d’information sur les modalités pour travailler à l’étranger. Et je me suis rendu compte assez rapidement que mon DEUG n’allait pas m’être vraiment utile dans les métiers qui m’intéressaient alors. Je me suis donc mise également à la recherche d’une éventuelle formation professionnalisante. C’est comme ça que j’ai eu connaissance, à peu près en même temps, du dispositif SVE et d’une Licence Professionnelle en Ecotourisme qui m’intéressait au plus au point. Et j’étais donc repartie pour un an de plus en France (2005-2006) ! Mais, dans une telle formation, nous étions bien évidemment nombreux à avoir des perspectives vers l’étranger => le SVE, beaucoup connaissaient bien : quelques uns étaient d’ex-SVE, d’autres connaissaient quelqu’un qui connaissait…

 

· Qui as-tu contacté pour t'accompagner dans ta démarche ?

 

La structure d’envoi en Limousin, c’est le Centre Régional Information Jeunesse à Limoges. J’avais donc pris contact avec Cécile Lapeyre.

 

· Combien de temps as-tu mis avant de partir ?

 

De l’avis de beaucoup, c’est allé plutôt « vite » dans mon cas. J’ai véritablement entrepris les démarches à partir de fin septembre 2006 : rencontres avec Cécile Lapeyre du CRIJ, puis recherches de sujets qui m’intéressaient dans la base de données internet, rédaction d’une lettre de motivation,…Avant même que j’ai envoyé quoi que ce soit, Cécile m’a informé de deux projets (que je n’avais pas vu) pour lesquels les candidatures étaient sur le point d’être fermées, et qui, effectivement, correspondaient à mes projets. J’ai postulé (avant fin octobre), et j’ai été retenue. Donc, phase suivante : tout un tas de procédures et papiers à effectuer (heureusement, Cécile s’est chargée de la majorité de ces démarches administratives, jusqu’à la réservation de mes tickets aller après que j’ai recherché les meilleurs tarifs… (je me suis quand même gardée l’organisation, sur place, de la fin de mon voyage en train entre Vienne et la gare d’arrivée). Début du SVE programmé fin janvier 2007, décalé au 19 février pour que je puisse suivre la formation à l’envoi en France. Soit : moins de 5 mois entre le début de la recherche ‘active’ et le départ, et seulement 2 organismes d’accueil contactés => j’ai eu de la chance !

 

· Où es-tu partie ? Sur quel type de projet ? Combien de temps ?

 

photo-depuis-balcon-Haus-Sonnenschein.jpgJe suis donc allée en Autriche, dans le sud-est du pays, à 1h en voiture de Graz, 1h de la Hongrie et 1h de la Slovénie pour être plus précise : au village de Riegersburg. C’est là que se situe le siège (project center) de l’association « Keimblatt Oekodorf », qui a pour projet de créer le premier écovillage autrichien, pour accueillir 150 à 300 personnes sur 30 à 50 ha : oekodorf.or.at. Ils sont également centre formateur en Permaculture. Je suis partie pour 7 mois, et suis en fait restée 8.

 

 

 

· Que t'as apporté cette expérience... ?

 

En fait, tout a commencé sur un malentendu : ni Cécile, ni moi n’avions compris qu’il s’agissait en fait d’un projet futur (c’est-à-dire qu’à ce jour encore, rien n’existe) ! J’ai néanmoins voulu continuer la démarche et y aller quand même, par respect pour tout le travail qui avait été fait. Et je dois bien avouer que cela n’a pas toujours été facile. Tout d’abord parce que cette déception initiale, que j’avais pourtant essayé d’accepter, était quand même un fait. Par chance, je m’étais efforcée de ne pas trop projeter, de ne pas trop laisser parler mon imagination, car quand on est sur place TOUT est DIFFERENT ! Nous étions les deux premières volontaires SVE que l’association accueillait, donc, bien qu’ils aient eu l’habitude de recevoir des volontaires (ce qui était un super bon signe !), ils n’étaient pas trop au courant de l’engagement, des procédures et de la considération un peu particulière accordés aux volontaires SVE. En fait, ils avaient mieux compris ce qui les considérait que ce qui nous regardait… et nous avons donc dû leur expliquer, aussi, nos avantages : Rita, en anglais car elle ne parlait pas un mot d’allemand, et moi dans un « pauvre anglais hésitant » (j’avais vite abandonné l’idée d’essayer en allemand ;-|) => une belle entrée ! ou plutôt fin de 2ème semaine. Nous sommes également arrivées à un moment un peu tendu de modifications importantes au sein même des membres au cœur de l’association, cette tension a été plus ou moins forte durant tout notre séjour. On peut dire aussi que nous étions dans un beau trou perdu dans sa campagne : ce siège de l’association est en fait une grande maison-chalet moderne, dans laquelle on mange, on vaque aux tâches quotidiennes, on dort,… bref c’est là qu’on vit et qu’on reste 24h/24, avec terrasse aux trois étages et vue imprenable sur le château en surplomb du village, sur la colline d’en face ! mais l’isolement, même quand on y est habituée, ce n’est pas toujours facile, notamment puisqu’on part généralement en SVE aussi pour rencontrer d’autres jeunes, souvent les autres SVE, et voyager ! Par chance, l’association était un lieu de passage, de rencontres « alternatives » et de formation en permaculture : groupes d’étudiants intéressés par le concept d’écovillage, précurseurs dans les Earthships (je vous invite à regarder sur Youtube ce principe de maisons écologiques très original !), membres de communautés existantes, stages, et autres volontaires venaient nous rendre visite sans que l’on ait à se déplacer ;-) ! Donc, bien sûr, j’ai appris pas mal de choses sur les principes d’écovillage, de permaculture, de principes dit « alternatifs ». Rita dirait « beaucoup beaucoup », moi « beaucoup moins que ce que j’espérais » car elle avait un regard tout neuf, et moi déjà quelques connaissances dans ces domaines. Mais ce n’est pas forcément sur des grandes choses que ce SVE m’a beaucoup apportée, c’est plutôt sur un tas de petites choses qui, toutes ensemble valorisent cette expérience unique. Comme il y en des tas, je ne vais en citer que quelques unes, déjà que je vois bien que je m’étale… ;-b

Le plus grand enseignement de ce SVE reste certainement le fait qu’en en parlant, tout problème trouve solution ! Bon, c’est vrai que c’était aussi peut-être lié au contexte : tous les matins, nous avions un « morning meeting » prévu pour organiser la journée et qui permettait aussi de s’exprimer si on avait un problème particulier, un conflit avec quelqu’un,… Dans cette logique, il était un peu plus facile, soit d’en parler collectivement le matin, soit d’aller voir la personne en question à un autre moment. Mais, du coup, ce n’était plus du tout le même SVE lorsque nous sommes reparties que lorsque nous sommes arrivées. Et c’était vachement bien ! J’ai d’ailleurs appris quelques techniques de management originales et intéressantes. Je parle maintenant pas trop mal anglais, et je comprends l’allemand. Grâce aux On-arrival et Midterm trainings, et aux voyages que j’ai fait en Autriche et Allemagne en particulier, j’ai des amis et contacts un peu partout en Europe, jusqu’en Turquie ! Et puis j’ai découvert des projets écocitoyens, de permaculture, d’écovillages, etc. en différents points du globe, très très intéressants, et je pourrais me présenter en tant qu’ancienne volontaire au sein de Keimblatt Oekodorf ! Et puis plein d’autres expériences positives. Pour un peu plus d’informations sur mon SVE, et même si je n’ai presque rien posté dessus depuis que je suis rentrée, je vous invite à visiter mon blog, créé lorsque je suis arrivée en Autriche : http://laetsgo.canalblog.com/.

 

Pour conclure : d’après moi, le SVE c’est idéal, notamment pour une première expérience à l’étranger : peu de soucis dans l’organisation et les démarches, un volontariat officiel qui commence à être mieux connu, de l’argent de poche... Bien se renseigner avant de signer et ne pas trop fantasmer avant de partir pour éviter la déception à l’arrivée, mais ne jamais hésiter à parler de tout problème avec son tuteur, il est là pour aider à les arranger ! et puis, dans tous les cas, tout moment un peu difficile peut aussi être vu comme une expérience enichissante. Et après, le SVE, c’est que du bonheur…